FAQ

D’où vient Demain ?

Au début des années 2010, nombre de citoyens sont déçus de l’affadissement des partis politiques classiques dans le camp progressiste, en particulier par le virage néolibéral de nombreux dirigeants socialistes et écologistes. Ils le sont également du caractère passéiste des réponses à la crise formulées par les organisations de la gauche dite « radicale » ou « extrême ». En 2012, naissent le Mouvement de Gauche et la Coopérative politique VEGA, qui elle-même initiera le Mouvement VEGA en 2014. Ces mouvements connaîtront une vie indépendante durant un temps, tout en ayant des collaborations ponctuelles. A partir de l’été 2016, vont s’ouvrir des débats pour lancer une « maison commune », dans laquelle les deux mouvements se proposent de fusionner afin de former un mouvement creuset, ouvert. Ce sera le Mouvement Demain présenté au public belge francophone le 28 avril 2017.

Le Mouvement Demain se dit « écosocialiste », qu’est-ce que cela veut dire ?

L’écosocialisme n’est pas du socialisme saupoudré d’un peu d’écologie, c’est un courant de pensée politique nouveau qui cherche à associer de façon approfondie les principes de la démocratie, de l’écologie et du socialisme. L’écosocialisme part du principe que l’écologie est inconciliable avec le capitalisme, dont les modes de production sont guidés par la recherche du profit et ce que les économistes appellent la valeur d’échange (soit ce que l’on peut tirer financièrement d’une production), ce qui implique le productivisme et l’incapacité de prendre en compte la destruction de l’environnement (qui n’a pas de valeur d’échange) et les besoins sociaux et humains. L’écosocialisme considère que la démocratie participative est un outil essentiel entre les mains de la population pour défendre leurs intérêts réels en matières sociales et environnementales. Il s’agit de réfléchir à ce que l’on produit et comment on le produit.

Le Mouvement Demain est-il « de gauche » ?

Oui ! D’autant plus que poser la question, permet d’éclairer deux points qui distinguent le Mouvement Demain de la « gauche classique » :

  • Premièrement, la « gauche » est encore trop souvent synonyme de productivisme. Nous estimons au contraire que la priorité aujourd’hui doit être d’une part de partager équitablement la richesse produite et d’autre part de ne plus poursuivre une course à la croissance à tout prix qui détruit la planète, notamment en repensant la finalité et les conditions de la production des biens. Ces derniers doivent pouvoir répondre aux besoins réels des générations présentes sans grever l’intérêt des générations futures. C’est pourquoi nous prônons la règle verte qui consiste à ne jamais prélever davantage que ce que la nature peut reconstituer.
  • Deuxièmement, il y a aujourd’hui de nombreuses formations politiques qui se disent « de gauche » tout en ayant participé ou mis en œuvre des politiques néolibérales, alors que celles-ci sont nuisibles, et principalement aux couches populaires qu’elles prétendent par ailleurs défendre. Une des raisons de la naissance du Mouvement Demain prend racine dans cette trahison de partis dits « de gauche » ou « socialistes ».

Pour éviter ce type de dérive, le Mouvement Demain s’est donné des statuts dans lesquels la base des militants est en capacité d’exercer un contrôle permanent sur celles et ceux auxquels elle accorde des délégations de pouvoir. Sur le plan des principes politiques, Demain s’inspire des objectifs d’égalité sociale issus du socialisme historique du mouvement ouvrier, de la défense des conquêtes des salariés, des droits conquis par les mouvements démocratiques, féministes, antiracistes, d’émancipation populaire, d’éducation permanente, du droit à l’autonomie des peuples, à la laïcité des institutions étatiques.

Le Mouvement Demain, un « parti » de plus qui divise la gauche ?

Pour commencer, Demain fusionne deux mouvements en un seul, c’est déjà un gain ! Ensuite, l’histoire nous enseigne au contraire que c’est quand la gauche est diverse dans son expression, qu’elle touche des couches plus larges de la population. Dans un régime à la proportionnelle, comme en Belgique, le problème n’est pas la diversité à gauche, mais le sectarisme, c.-à-d. l’incapacité à former des alliances, l’incapacité à rechercher les points de convergence plutôt que les éléments de divergence. Le Mouvement Demain espère contribuer à créer de la convergence et espère pouvoir soutenir des majorités de gauche, construite autour d’un programme commun répondant aux besoins sociaux et aux nécessités environnementales.

La diversité enrichit la gauche de nouvelles perspectives. Demain est porteur de projets qui ne sont pas ou peu présents dans les autres formations se disant « de gauche » ou « écologiste ». C’est pour porter ces propositions spécifiques dans le paysage politique belge que Demain est né. Nous ne revendiquons aucun « titre de propriété » sur nos propositions, et nous ne demandons pas mieux que de les voir reprises par d’autres.

Le Mouvement Demain est-il « écologiste » ?

Oui, il défend même une approche radicale de l’écologie. L’avenir de l’espèce humaine est totalement dépendant de l’avenir de son environnement. Nous sommes tous colocataires de notre espace planétaire, nous avons le devoir de nous inscrire, d’une part, dans un nouveau mode de relation à celui-ci en réduisant notre impact permanent au minimum et, d’autre part, dans un développement de nos sociétés basé sur la reconstitution des ressources consommées.

La lutte contre le changement climatique, pour la protection des espèces vivantes, végétales et animales, pour la qualité de l’air et de l’eau, pour une alimentation naturelle produite par des agriculteurs libérés de l’agro-industrie intensive, entre autres choses, implique selon nous, la rupture avec le productivisme du système capitaliste qui vise au profit immédiat au détriment de toute autre considération. Nous sommes ainsi en rupture avec certains partis écologistes qui tentent de verdir le système, tout en culpabilisant les citoyens consommateurs alors que ces derniers ne sont pourtant la plupart du temps pas libres de leur choix, conditionnés par des décisions macro-économiques.

Le Mouvement Demain entend-il favoriser la participation des femmes à la vie politique ?

Oui, les statuts de Demain prévoient que toutes les fonctions politiques du mouvement seront composées à part égale de femmes et d’hommes. Les premières instances élues répondent déjà à cet objectif. Le Mouvement a prévu dans ses règles de fonctionnement que si un “poste” ne trouve pas de candidat/e, il sera d’abord procédé à un tirage au sort dans un/e membre du genre manquant dans l’assemblée concernée. Si tou/te/s les tiré/e/s au sort refusent la fonction, celle-ci n’est pas comblée, elle reste ouverte et ne peut pas être remplie par une personne du genre opposé.

Pour de multiples raisons sociales et culturelles, les femmes se portent habituellement moins facilement candidates à des fonctions politiques. La pratique du tirage au sort permet de pousser des personnes à assumer des fonctions sans s’y être portées candidates. L’expérience, déjà menée dans un de nos précédents mouvements, a fait la démonstration que par cette pratique, des personnes se découvrent des capacités et des compétences qu’ils/elles ne soupçonnaient pas. Cela nous permet de mettre en œuvre notre volonté de parité de genre à tous les niveaux de l’organisation.

Par ailleurs, afin de favoriser la participation effective des jeunes parents, et notamment des jeunes mamans, aux débats et réunions, les statuts prévoient la programmation effective d’animations pour enfants lors des réunions, avec un budget ad-hoc.

Le Mouvement Demain a-t-il un programme ?

Le Mouvement Demain ne part pas de rien. En effet, il résulte de la fusion de deux autres mouvements: Mouvement de Gauche et Mouvement VEGA lesquels avaient déjà élaboré des programmes pour les élections de 2014, à partir de la participation effective de leurs membres. Les grandes lignes directrices d’un programme politique écosocialiste se retrouvent également dans les Manifestes des deux organisations fondatrices de Demain, le Mouvement de Gauche et le Mouvement VEGA. Ces documents seront bientôt à nouveau en ligne.

Le Mouvement Demain entend être un laboratoire d’échanges, d’idées progressistes et souhaite aller à la rencontre des gens, écouter leurs doléances et propositions citoyennes pour, in fine, les impliquer dans l’élaboration de son programme futur à décliner en priorité pour les prochaines élections en 2018 et 2019. Des groupes de travail thématiques se constituent.  Un calendrier de travail (avec des séances publiques de mise en débat de nos propositions) va être validé et annoncé prochainement.

Quelle est le rapport de Demain à la démocratie ?

Demain estime que la démocratie représentative en Belgique, mais aussi dans de nombreuses régions du monde, n’est pas un projet abouti, voir même qu’elle est gravement menacée par toute une série d’actions extérieures : traités européens sur la gouvernance économique, pressions des entreprises multinationales et financières, émergence de gouvernements mettant en place des régimes autoritaires entre les mains de leaders autoproclamés, poussée des nationalismes et des idées d’exclusion. Face à tout cela, Demain estime que la meilleure façon de défendre la démocratie, c’est d’approfondir la participation et le contrôle citoyen à tous les niveaux de pouvoir. C’est pour cela que le Mouvement Demain défend notamment la révocabilité des élus (possibilité pour un pourcentage d’électeurs à définir de convoquer un référendum révocatoire sur base d’une pétition afin de démettre un/e élu/e à partir d’un demi ou d’un tiers de mandat).

Quelle est le rapport de Demain à la citoyenneté ?

Demain souhaite également introduire dès l’échelon local des instances citoyennes, pour partie tirées au sort, ayant en charge une part du budget communal visant des réalisations dans leur quartier. De même, de tels collèges de citoyens usagers devraient pouvoir être mis en place pour tout service public ou parapublic, avoir un droit de regard et de contrôle sur toute décision qui mettrait en péril les droits et bénéfices des citoyens.

Le Mouvement Demain est également porteur de plusieurs projets visant à une plus grande participation citoyenne à tous les échelons parlementaires, à la fois le contrôle des décisions via des assemblées tirées au sort, mais aussi par la mise en place de conditions pratiques visant à ce que les assemblées élues reflètent beaucoup plus la diversité sociale de nos sociétés.

Pourquoi Demain n’est-il présent qu’en Wallonie et à Bruxelles et pas en Flandre ?

Nous pensons que les deux principales régions du pays connaissent des contextes socioculturels, politiques et économiques extrêmement différents. Nous plaidons donc pour une autonomisation accrue des champs d’actions des politiques régionales afin que celles-ci puissent être au plus proche de la réalité de leurs citoyens. Si nous souhaitons le maintien d’une solidarité nationale, il nous semble que celle-ci ne doit pas se faire au prix de la destruction du tissu social et économique de la Belgique francophone. Au cours des dernières décennies, les politiques fédérales, et en particulier sous le gouvernement MR-NVA, ont été des politiques au service quasi exclusif du patronat flamand. Dans de telles conditions, l’avenir des francophones doit s’envisager au moins dans un cadre où ceux-ci retrouvent une certaine souveraineté quant aux politiques menées sur leur territoire, quelle que soit l’autorité « supérieure » qui voudrait en décider à leur place, qu’il s’agisse de l’Etat fédéral sous influence du patronat flamand ou de l’Union Européenne défenderesse des intérêts des multinationales.

Par ailleurs, Demain est ouvert à soutenir l’action de tout mouvement qui en Flandre défendrait les idées de l’écosocialisme et à développer avec celui-ci des partenariats ponctuels ou durables.

Le Mouvement Demain est-il anti-européen ?

Non, cela serait formuler de façon lapidaire la position réelle du Mouvement Demain qui, comme membre du Parti de la Gauche Européenne, a une position « alter-européenne ». Demain, n’est pas “contre l’Europe”, nous sommes contre les politiques néolibérales menées par l’Union européenne à l’encontre des peuples d’Europe, et souhaitons refonder l’Europe. Nous souhaitons mener un combat au sein de l’espace européen pour changer la nature de l’UE et de la BCE, de l’intérieur si possible, de l’extérieur si nécessaire. Cet “extérieur” n’est pas un projet de repli sur soi comme l’envisage les forces d’extrême-droite, mais le début de la construction d’autres formes de relations entre les peuples d’Europe, basées sur le mieux-disant social, fiscal, environnemental, salarial, ou judiciaire, et non sur l’amoindrissement des conquêtes sociales ou l’abandon d’exigences environnementales fortes, telles qu’elles se sont construites dans les états membres (même si actuellement de façon insatisfaisante) avant que l’UE cherche par tous les moyens à les détruire.

Demain veut-il tout faire passer par l’état ?

Le Mouvement Demain plaide pour qu’une série de domaines ne puissent pas être accaparés par un secteur privé à vocation économique : l’air, l’eau, les ressources naturelles en général, l’enseignement, les transports en commun, la production et la distribution d’énergie, les assurances sociales et obligatoires, la gestion des services d’intérêts généraux en matière bancaire, fiscale, de sécurité, de télécommunication, de téléphonie, de chemin de fer, de transport aérien, etc. Cette gestion publique des secteurs vitaux pour le bien-être de la population doit pouvoir s’articuler à des initiatives citoyennes d’intérêt public organisées sous forme de coopératives citoyennes ou d’asbl, par exemple en matière de production d’énergie renouvelable.

Par ailleurs, la collectivité doit toujours conserver un pouvoir régulateur quant à tous les champs de la société, qu’il s’agisse des droits des consommateurs, des droits sociaux et des droits du travail, du secteur bancaire et financier, vis-à-vis de l’environnement, de la défense de ses agriculteurs, etc.

Le Mouvement Demain défend-il une société laïque ?

La politique doit être l’acteur qui met en œuvre les conditions du vivre-ensemble. Le repli communautariste isole chacun dans son coin, son quartier ou son groupe sans fréquenter l’autre ; nous voulons une société qui repose sur l’universalité des droits et le partage de valeurs communes de liberté, d’égalité, de tolérance, de citoyenneté et de démocratie. Il y a des causes sociales et économiques à ce repli qu’il faut d’abord régler afin de protéger des biens qui nous sont communs : la neutralité active de l’Etat et l’homogénéité des droits et devoirs caractérisant une authentique citoyenneté.

Pour que les individus puissent jouir de la liberté de conscience, élément essentiel à l’épanouissement de l’Humain en tant qu’individu et citoyen, la société a besoin d’une séparation claire et permanente entre l’Etat et des religions. C’est ce principe éthique qui fonde notre laïcité.

Le Parti de la Gauche Européenne

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