En avant !

En ce mois[1] de décembre 2018, aura lieu une vague mondiale de revendications populaires pour défendre le respect des accords climatiques et une plus forte ambition gouvernementale dans ce domaine. Cette manifestation est celle d’une colère populaire à l’égard des politiques mondiales de prise en charge – ou plutôt de son absence de prise en charge réelle – de la question climatique. Mais également de la prise de conscience du fait que les beaux slogans moqueurs, campagnes marketing ridicules et autres politiques inspirées d’émissions télévisuelles ne sont que pacotille, vaste arnaque visant à calmer les populations à coups de spiritueux « marketeux » abrutissants.

Cependant, il ne s’agira probablement pas d’une simple marche visant à revendiquer plus de protections climatiques, mais bien de la mise en exergue d’une fureur commune bien plus vaste et profonde.

De la colère populaire… à une écologie populaire

Ce ne sont, selon moi, pas tant les actes de cette partition sociétale qu’est l’individu, au contraire de ce que nous présentent sans cesse les hommes et femmes politiques issus de tout le paysage politique traditionnel, les expert.e.s de tous bords, … Mais bien la gestion erronée, conséquence tantôt de l’avarice, tantôt de la faiblesse de nos classes dirigeantes. Cette journée, sera alors l’occasion pour la population de faire entendre sa voix insatisfaite face au comportement et aux décisions (ou absence de décisions) de ceux et celles qui la gouvernent. Il semble aujourd’hui de plus en plus évident qu’un véritable « bond en avant » politique, et géopolitique, soit nécessaire. Le désir d’un renouvellement dans ce domaine, quelle que soit l’idéologie, se marque de plus en plus. La montée des pensées extrémistes et radicales tient sans doute plus de la lassitude à l’égard de la classe politique, insatisfaisante du fait de son absence de positions claires et fortes sur des sujets devenant de plus en plus urgents.

On peut également mentionner la grogne montante envers une technocratie de plus en plus fantasque, déconnectée des différentes réalités et autoritaire. Les principaux « experts » et « expertes » interrogé.e.s faisant preuve d’un fatalisme hypocrite (« Il faut… », « C’est inévitable… », « Nous n’avons pas le choix… », « Vous ne comprenez de toute façon rien à ce que MOI JE maîtrise… », etc.) afin de soumettre plus aisément les citoyen.ne.s à leur discours favorisant les classes les plus aisées, au détriment non seulement des citoyen.ne.s, mais surtout de notre planète ! Cette hargne se traduisant par la mise en place de mouvements citoyens, d’initiatives « éducatives », visant à remettre le pouvoir directement entre les mains non pas simplement du peuple mais, d’un peuple se montrant de plus en plus curieux, sceptique et désireux de s’armer intellectuellement sur les sujets qui le concernent (énergie, agriculture, économie, urbanisme…).

La thématique climatique, puisqu’il s’agit de l’objet de la manifestation mentionnée ici, n’en est qu’un trop bon exemple.

D’une part, nous subissons les attaques incessantes d’une droite de plus en plus déshumanisée et irrationnelle, prétendant défendre notre planète à coups de taxations et autres mesures que je ne me gênerai guère de qualifier de « punitions ». Le mouvement franco-belge des « gilets jaunes » nous démontre en ce moment même cette affirmation. La population se montrant révoltée et réactive à la suite des mesures punitives toujours plus nombreuses à son égard, alors que celle-ci peine chaque jour un peu plus à terminer les mois dans une situation économique sereine – et même digne dans des cas toujours plus nombreux ! –.

De l’autre, nous perdons confiance en une prétendue gauche de plus en plus « amorphe » et souple sur ce sujet. Celle-ci préférant faire preuve d’une attitude conciliante et d’un défaitisme, d’un fatalisme de plus en plus difficilement dissimulable envers les constituants des classes aisées, des spéculateurs, spéculatrices et globalement de la société très restreinte du grand-capital. Cette (pseudo-)gauche, ne respecte plus ses propres fondements basés sur l’idée de lutte, préférant céder sans cesse aux menaces économiques, au « chantage à l’emploi », etc.

Une proposition, un espoir : l’écosocialisme

En définitive, cette manifestation populaire internationale ne se présente pas comme une simple série de revendications touchant une thématique unique, mais bien comme la contestation d’un système tout entier montrant de plus en plus ses failles et dont la fin se profile de plus en plus nettement.  De façon générale, le contexte actuel est à l’émergence de nouvelles doctrines et idéologies. Les macronismes, trumpismes et autres fantaisies de droite étant déjà bien installées, représentant les discours culpabilisants, le « Political-Wonderland », etc. La gauche radicale (sous des formes variées allant des marxismes divers jusqu’à l’anarchisme) et plus particulièrement l’éco-socialisme semblant se présenter de plus en plus nettement en alternatives fortes et viables.

Une opinion de Romain, sympathisant d’Ham-sur-Heure

[1] Le dimanche 2 décembre chez nous, le 8 en France.

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