Ce mercredi matin, un Boeing 747 a décollé de Liège à 6h17 pour atterrir à Bruxelles à 6h32. Temps de vol : 15 minutes. Distance séparant les aéroports : 90 kilomètres. En effet, la compagnie Air Belgium a recommencé depuis le début de cette année 2026 des vols sauts de puce réguliers entre Liège et Bruxelles avec ses deux énormes Boeing 747. Au total, on en dénombre déjà plus de dix sur les deux premiers mois de l’année.
Ces avions opèrent depuis la Chine vers Bruxelles et Liège, et régulièrement ils opèrent un vol de positionnement saut de puce (à vide ?) entre Liège et Bruxelles ou vice-versa. Les activités cargo d’Air Belgium ont été reprises par CMA-CGM qui poursuit les activités sous l’AOC (certificat de transporteur aérien) belge et ce en sous-traitance pour l’entreprise chinoise Sichuan Logistics afin d’importer des produits chinois.
Le parti Les Engagés s’est récemment, et à juste titre, ému de vols saut de puce entre Bruxelles et Paris (264 kilomètres à vol d’oiseau). Le Ministre Crucke est notamment monté au créneau contre ces vols très courte distance. En 2019, il était également monté au créneau en tant que ministre wallon lorsque nous avions révélé l’existence de vols entre Maastricht et Liège.
Selon Pierre Eyben, conseiller communal et co-porte-parole du Mouvement Demain “Depuis que nous avons révélé ces vols saut de puce il y a 7 ans, rien n’a bougé. Mais la bonne nouvelle, c’est que monsieur Crucke est désormais ministre fédéral compétent sur le sujet pour ces vols saut de puce belgo-belges. Nous lui demandons donc d’agir et d’y mettre fin.”
Pour rappel, les principales raisons d’interdire enfin les vols “saut de puce” sont :
- Un impact climatique disproportionné : le décollage et l’atterrissage sont les phases les plus consommatrices en carburant, rendant ces vols très courts particulièrement polluants par rapport à leur utilité.
- L’existence d’alternatives ferroviaires rapides : lorsque le train permet un trajet équivalent en moins de 2h30, l’avion apparaît comme un mode de transport (fret ou passagers) inutilement émetteur.
- Un gain climatique : cette mesure permettrait une réduction (certes limitée) à court terme des émissions de CO₂ sur le périmètre concerné.
- De la cohérence dans la lutte climatique : continuer à autoriser des trajets aériens aussi courts, alors qu’ils sont facilement remplaçables, nuit à la crédibilité des politiques climatiques.






