Nous exprimons notre plein soutien à la grève des enseignants en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette mobilisation est non seulement légitime, mais elle est également indispensable face à un sous-financement structurel et à des politiques qui fragilisent un pilier essentiel de notre société.
Un sous-financement structurel devenu insoutenable
Le système éducatif francophone souffre d’un manque chronique de moyens.
- La Fédération Wallonie-Bruxelles est en déficit structurel depuis des années, avec une dette atteignant déjà plus de 14 milliards d’euros (plus de 100 % de ses recettes)
- À politique inchangée, cette dette pourrait grimper à 150 % des recettes d’ici 2029, faisant peser une contrainte permanente sur l’enseignement
- Chaque année, plus de 300 millions d’euros sont absorbés par les intérêts de la dette, autant d’argent qui ne va ni aux écoles, ni aux élèves, ni aux enseignants
Dans le même temps, la pénurie s’aggrave :
- jusqu’à 25 % des nouveaux enseignants ne disposent pas de qualification adéquate faute de candidats, et les écoles qui forment les enseignants se vident massivement depuis quelques années
- près d’un tiers des enseignants quitte le métier dans les premières années
Ces chiffres ne sont pas des accidents : ils sont le résultat de choix politiques.
Des mesures d’austérité qui aggravent la crise
Face à cette situation, le gouvernement MR / Les Engagés choisit d’imposer des mesures qui détériorent encore davantage les conditions d’enseignement :
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- +10 % de charge de travail sans salaire supplémentaire (passage à 22 périodes)
- Réduction des droits en cas de maladie (rémunération abaissée à 60 %)
- Restrictions sur les départs anticipés en fin de carrière (DPPR)
- 86 millions d’euros d’économies dans l’enseignement dès 2026, et environ 500 millions d’économies sur la législature 2026–2029
- Augmentation des taux de réussite aux évaluations certificatives à 60%
Ces décisions s’inscrivent clairement dans une logique : faire payer la crise budgétaire aux enseignants et aux élèves.
Un combat écosocialiste : pour l’école et pour la société
La lutte des enseignants est un combat central pour une transformation sociale et écologique :
- Socialement, parce qu’un système éducatif affaibli renforce les inégalités
- Écologiquement, parce que la transition passe par une population éduquée, critique et consciente
- Démocratiquement, parce que sans école publique forte, il n’y a pas de citoyenneté éclairée
On ne peut pas prétendre organiser la transition écologique tout en affaiblissant ceux qui forment les générations futures.
Sortir de l’impasse : des choix politiques courageux
Il ne suffit pas de gérer l’austérité : il faut changer de modèle.
Nous portons plusieurs pistes concrètes pour sortir du sous-financement structurel de la FWB :
1. Revoir le financement de la Fédération Wallonie-Bruxelles
La crise actuelle est institutionnelle :
- le modèle de financement de la FWB est inadéquat pour ses missions
- il est impératif de garantir des recettes stables et suffisantes, indépendantes de la seule évolution fiscale fédérale
2. Mutualiser et mettre fin à la concurrence entre réseaux
- avancer vers une fusion des réseaux d’enseignement pour réduire les doublons et renforcer l’égalité
- réinvestir les gains dans les conditions d’apprentissage et l’encadrement
3. Réformer la prise en charge des infrastructures
- transférer la responsabilité des bâtiments scolaires de la FWB vers les Régions (Wallonie et Bruxelles)
- financer un plan massif de rénovation énergétique des écoles, créateur d’emplois et cohérent avec la transition écologique
4. Réorienter les moyens publics
- mettre fin aux politiques d’austérité dans les services publics
- mobiliser de nouvelles recettes via une fiscalité plus juste (sur les grandes fortunes, les multinationales, les rentes)
- Éviter les dépenses inutiles en améliorant les conditions d’apprentissage
- Lutter contre le redoublement scolaire qui coûte 400 millions d’euros à la collectivité
- Allouer des moyens pour la remédiation, l’accompagnement et l’intégration des logopèdes
- Établir un plan d’accrochage scolaire
Notre solidarité est totale
La grève actuelle est une alerte démocratique.En défendant leurs conditions de travail, les enseignants défendent surtout le droit pour toutes et tous à une éducation de qualité.
Nous appelons à soutenir leur mobilisation.
Investir massivement dans l’enseignement, c’est investir dans une société plus juste, plus solidaire et capable de faire face à l’urgence écologique. Leur combat est le nôtre.






