Le Mouvement Demain prend acte des orientations budgétaires présentées par le Gouvernement wallon MR-Les Engagés, qui vise un retour à l’équilibre budgétaire en 2029 à travers une trajectoire pluriannuelle et une série de mesures en matière de fiscalité, d’emploi et de dépenses publiques.
Mais derrière le discours sur la « responsabilité budgétaire », ce budget confirme surtout un choix politique clair : faire payer aux citoyens, aux services publics et aux générations futures les conséquences d’années de sous-investissement, tout en préservant les intérêts des plus favorisés.
Le Gouvernement se félicite d’instaurer un « Job bonus » et de réduire certaines taxes automobiles. Pourtant, ces mesures ne répondent pas aux difficultés structurelles auxquelles sont confrontés des centaines de milliers de Wallonnes et de Wallons : explosion du coût du logement, précarité énergétique, difficultés d’accès aux soins, crise des transports publics et dégradation continue de nombreux services publics.
Dans le même temps, l’exécutif poursuit sa logique d’austérité en faisant du retour à l’équilibre budgétaire un objectif quasi absolu. Or la Wallonie n’a pas besoin d’une comptabilité de court terme. Elle a besoin d’investissements massifs dans la transition écologique, le logement public, les transports collectifs, la santé, l’enseignement, la recherche et la lutte contre la pauvreté.
Nous sommes particulièrement préoccupés par le durcissement annoncé à l’égard des jeunes. La volonté d’accélérer les mécanismes de retrait ou de suspension des allocations familiales pour certains jeunes ayant commis des infractions participe d’une logique de sanction sociale qui risque avant tout d’affaiblir davantage des familles déjà fragilisées. La réponse à la délinquance juvénile ne passe pas par la précarisation, mais par la prévention, l’accompagnement, l’éducation et le soutien aux familles.
Le Gouvernement affirme vouloir construire des ponts entre les générations. Pourtant, les jeunes sont aujourd’hui confrontés à une accumulation de mesures qui rendent leur avenir plus difficile : accès au logement de plus en plus difficile, coût des études en hausse, hausse des tarifs pour les transport en commun (avec notamment le fin de l’abonnement à 12 euros pour LETEC), et insuffisance des investissements dans les politiques de jeunesse.
Face aux défis climatiques, sociaux et économiques, la Wallonie mérite mieux qu’une politique qui érige l’équilibre budgétaire en horizon indépassable. L’endettement n’est pas le problème lorsqu’il finance des investissements collectifs utiles. Le véritable danger consiste à reporter la transition écologique, à ne pas agir pour la réindustralisation, la protection du tissu industriel local et des conditions de travail dans un contexte de mondialisation et de dérégulation exacerbé, à laisser se dégrader les infrastructures publiques, à sacrifier la culture et l’enseignement, et à abandonner une partie de la population à la précarité.
Le Mouvement Demain défend une autre voie : une Wallonie plus solidaire, plus écologique et plus démocratique, qui investit dans son avenir plutôt que de réduire ses ambitions. Les défis auxquels nous sommes confrontés exigent du courage politique, pas de nouvelles politiques d’austérité maquillées en « bonne gestion ».





