Réuni en AG ce 20 octobre 2018, le Mouvement Demain a analysé les résultats électoraux du scrutin communal du 14 octobre dernier.

Nous observons une montée de la gauche en Wallonie, parallèlement à une montée de la droite (notamment extrême) en Flandre. À titre d’exemple, 66% des électeurs ont voté à gauche à Liège, 64% à Charleroi, 65% à Mons, ou encore 66% à La Louvière.

En Flandre, si Groen progresse, le reste des résultats à gauche (SPA et PTB/PVDA) demeurent assez faibles.  Notons toutefois les excellents résultats de SPA (25.9%) et Groen (19.7%) à Leuven, lesquels viennent de décider de former une majorité ensemble, avec notamment un premier échevin éco-socialiste, David Dessers.

En Wallonie, la montée à gauche ouvre des perspectives mais également des questions. À ce stade, nous constatons notamment une absence de volonté du PTB de monter en majorité à quelques mois d’élections qui devraient le voir progresser fortement.  Le risque d’une gauche qui refuse de prendre ses responsabilités est évidemment de laisser la place à la droite, ce qui dans un contexte budgétaire communal compliqué pourrait avoir de lourdes conséquences sociales (diminution des budgets CPAS, pertes d’emploi au niveau du personnel communal,…).  Nous observons par ailleurs un grand nombre de communes dans lesquelles le PS fait le choix de majorités avec la droite alors que des majorités de gauche (y compris sans le PTB) sont possibles (Verviers, Huy, Esneux,…). Même la pression des appels de la FGTB ne semble pas fonctionner à ce stade. Il est également interpellant de voir le nombre de cas où ECOLO fait des choix de majorité avec le MR (Uccle, Forest, …).

Nous constatons également que le CDH paye cher une série de ses choix, pas uniquement le fait d’avoir changé la majorité au niveau wallon mais aussi ses positions réactionnaires comme sur le droit à l’avortement. Le sauvetage de quelques bastions (Namur ou Bastogne) constitue l’arbre qui cache la forêt d’un parti qui semble en voie d’extinction progressive.

Notons enfin que le véritable grand vainqueur des dernières élections est l’abstention et le vote blanc qui progressent fortement.  Environ un électeur sur cinq ne participe plus au processus électoral tel qu’il est aujourd’hui. C’est à la fois un constat qui doit interroger quant à la faiblesse des processus démocratiques actuels mais également un élément qui peut faire l’objet d’un véritable travail de reconquête.

Sur base des résultats au scrutin communal, le CRISP a fait des projections sur de possibles majorités à gauche aux régionales en 2019. Une alliance PS-ECOLO-PTB serait largement majoritaire. S’il n’est pas possible de tester son fonctionnement dans quelques grandes communes en Wallonie (Liège, Herstal, Charleroi,…), on peut toutefois profondément douter que ce scénario soit crédible d’ici quelques mois à l’échelle régionale où les clivages seront plus marqués encore.

À titre plus personnel, pour ce premier scrutin communal, nous étions présents dans six communes sur quatre provinces.  Nous obtenons notre premier élu à Liège sur la liste Vert Ardent, et manquons un élu pour 40 voix à Gerpinnes (6.9% pour notre liste).  Ce sont des résultats modestes mais encourageants. Sans attendre le prochain scrutin, nous souhaitons travailler à la constitution de plus de groupes locaux de notre Mouvement afin d’intervenir dans le débat communal.  Nous souhaitons également travailler à la mise en réseau d’une série de listes citoyennes de gauche ayant émergé à l’occasion de ce scrutin.

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