Mademoiselle Meunier,

Faire de la politique ne se limite pas à faire la chasse aux voix, à changer de liste au gré du vent pour essayer de « se faire une place » ou encore à tweeter sans réfléchir. Faire de la politique, c’est avant tout faire preuve d’empathie. Et, en l’occurrence, on ne peut pas dire que vous en ayez fait preuve de beaucoup.

Vous avez d’abord tweeté que « C’est des briques, les copains ». Avec un minimum d’empathie, on n’en dirait pas autant de la maison de n’importe qui en flammes. Des briques, de simples briques ? C’est vraiment ça pour vous ? Juste du matériel ? Chaque bâtiment a une âme. Et celui-ci en a sans doute beaucoup plus que d’autres de part son historicité et le symbole qu’il représente pour les français (et pas seulement). Ignorer que l’incendie d’un tel bâtiment puisse provoquer pareille émotion, c’est ne pas avoir la capacité de se mettre à la place des gens (définition de l’empathie).

Pour tenter de vous rattraper, vous avez ensuite déclaré que vous n’aviez « en aucun cas minimisé la perte patrimoniale » d’hier soir. Encore une fois, vous faites fî de beaucoup de choses. Notre-Dame ne représente pas seulement un patrimoine. Ça représente aussi une part du tourisme parisien, des emplois, de probables pertes d’emploi, des commerçants qui vont se retrouver dans les difficultés, de l’humain. C’est aussi tout ça l’incendie de la cathédrale Notre-Dame. Sans oublier, les pompiers qui ont risqué leur vie pour sauver ce qui pouvait l’être, faisant parmi eux au minimum un blessé.

Et enfin, pour tenter de vous justifier, vous avez parlé de lancer un débat sur « l’émocratie dans l’actualité ». Avez-vous compris la signification de ce mot ? A mon sens (mais je peux me tromper), l’émocratie, c’est la propension à prendre des décisions politiques basée sur l’émotion populaire. On est bien ici, dans un phénomène émotionnel, mais je ne vois pas ce que l’émocratie vient faire dans cet événement, en tout cas pas à l’heure à laquelle vous avez publié votre tweet. L’incendie du Beffroi de Mons ou de la Collégiale Sainte-Waudru à Mons, n’aurait pas eu d’impact émotionnel sur vous ? Vous vous seriez contentée de dire aux montois : « C’est des briques, les copains » ?

En conclusion, je dirais qu’il a effectivement des choses plus graves qui se passent dans le monde que l’incendie de Notre-Dame de Paris, mais si on ne devait plus s’émouvoir que de ce qu’il y a de plus grave au monde, notre vie serait bien pauvre en émotions. On ne s’émouvrait plus de la fermeture de Caterpillar, par exemple, car il y a bien plus grave. On ne s’émouvrait plus des enfants qui vivent dans la pauvreté, parce qu’il y a bien plus grave. On ne s’émouvrait plus du changement climatique, parce qu’il y a bien plus grave,… Ce que la population demande aujourd’hui aux femmes et aux hommes politiques, c’est de l’empathie, de comprendre ce qu’ils vivent, …

Grégory Lucas, membre du Mouvement Demain pour une politique proche des citoyens.

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