Ce 17 novembre, dans une communication interne confirmée dans la soirée, Engie a annoncé qu’elle n’investira pas dans la prolongation des réacteurs nucléaires belges.

Pourquoi ?

Engie aurait-elle enfin tenu compte du risque d’accident nucléaire grave qu’entraînerait la prolongation de nos réacteurs moribonds ? Ou bien se rendrait-elle compte de la vanité de prétendre gérer des déchets nucléaires pour l’éternité ?

Pas du tout. Le problème est essentiellement financier. Prolonger la vie de nos réacteurs nucléaires demandera plusieurs années de travaux et de lourds investissements qu’on ne peut pas se permettre dans le climat d’incertitude actuel.

En plus de cela, à cause de ces enquiquineurs d’anti-nucléaires, il n’est plus question d’esquiver une longue étude d’incidence préalable, comme ce fut le cas lors des précédents prolongements. Rappelons que le 29 juillet 2019, la Cour de Justice de l’Union Européenne a condamné la Belgique à réaliser une étude d’incidence sur la prolongation des centrales de Doel 1 et 2 avant 2022, suite à un recours d’Inter-environnement Wallonie et de Bond Beter Leefmilieu. Le 16 octobre 2020, sur base de cette décision, la cour administrative de Francfort a interdit la livraison de combustible allemand à ces deux centrales, suite à un recours intenté par l’Alliance anti-nucléaire allemande (Anti-Atom-Bündnis). Ces victoires judiciaires ont incité Greenpeace France à intenter le même type de recours contre la prolongation des centrales nucléaires françaises.

Il s’agit bien d’un sale coup pour les pro-nucléaires endurcis qui ne cachent pas leur déception. Le climatologue Jean-Pascal Van Yperzele se lamente sur cette « très mauvaise nouvelle pour le climat » à l’émission radio Matin-Première, tandis que le professeur Damien Ernst a proposé sur Twitter, dans la nuit du 17 au 18 décembre, de jeter les membres du parti Ecolo en prison en plus de leur confisquer leurs biens, sous l’accusation de « mettre 8000 travailleurs de l’électro-nucléaire dans la misère » !

Rappelons au premier que les mesures de l’impact climatique de l’énergie nucléaire font l’objet de controverses et que ni la gestion des déchets ni les conséquences des accidents ne sont pris en compte, et expliquons au second que les énergies renouvelables créent, pour un même niveau d’investissement, environ 5 fois plus d’emplois que le nucléaire , sans compter que le démantèlement des centrales demandera un sacré boulot.

La partie est-elle finie ?

Alors, terminée la lutte contre le nucléaire en Belgique ? Rien n’est moins sûr. La décision gouvernementale définitive aura lieu en novembre 2021, dans un an, et Engie ne ferme pas complètement la porte, à entendre Thierry Saegeman, patron des activités nucléaires d’Electrabel. Celui-ci explique à la RTBF que les deux scénarios sont toujours possibles : sortie du nucléaire en 2025 ou prolongation de certains réacteurs.

Les douze mois à venir seront donc décisifs pour l’avenir du nucléaire en Belgique. Ce n’est pas le moment d’abandonner la lutte, mais de la renforcer.

Une opinion de Patrick Dessart, Julien Gallant, Michel Giacomelli, Martina Haase et Philippe Looze, militants de Fin du Nucléaire

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