Depuis plusieurs semaines, et même si nous sommes nombreux à nous demander pourquoi il a fallu tant de temps, trois partis de la majorité s’expriment abondamment dans les médias, avec de belles expressions d’indignation et des appels passionnés à agir sans attendre. Trois partis sur cinq, c’est évidemment la majorité de ce gouvernement. Surtout depuis que le parti du Premier semble ne plus exclure les sanctions … Ce serait même une majorité écrasante si le débat arrivait au parlement, puisque la totalité des partis démocratiques de l’opposition ont déposé, ou pourraient soutenir, des textes emportant les décisions urgentes qui s’imposent.
Pourtant, et cela décuple notre indignation, et notre incompréhension, les présidents ou les principaux ministres de ces trois partis continuent de s’exprimer dans les médias comme s’ils étaient chacun un citoyen isolé et impuissant, ou chacun le seul parti courageux de ce gouvernement. Cela doit cesser. Le temps de lire ce communiqué, combien d’enfants seront morts de faim, à quelques kilomètres des camions chargés de vivres, arrêtés par l’armée israélienne ?
Nous adressons solennellement aux dirigeants de Vooruit, du CD&V et des Engagés la demande de passer aux actes sans aucun délai. Qu’il y ait dans leur gouvernement deux partis qui nient le génocide en cours, ce n’est pas notre choix : c’est le leur. Si ces trois partis ne considèrent pas que l’urgence des multiples alertes de famine mérite d’en faire une question de gouvernement, que leur faut-il ? La destruction totale de tout ce qui fonde une société, infrastructures, systèmes d’éducation, de santé, d’alimentation, en vue d’un jour vider le territoire de ses habitants, tout cela constituant un processus de génocide, est-ce pour eux un détail ? ou un simple objet de communication publicitaire ?
Nous leur adressons deux questions très simples :
- êtes-vous prêts à imposer à ce gouvernement, dont vous formez la majorité, une décision courageuse et immédiate, quitte à en faire une crise de gouvernement ?
- Et si ces deux partis – ou un seul – campent sur leur position de soutien inconditionnel au gouvernement israélien, êtes-vous prêts à chercher avec les autres partis démocratiques une majorité parlementaire sur ce dossier ?
Si vous ne répondez pas clairement « oui » à ces deux questions, alors, par pitié, par respect pour les victimes et toutes celles et ceux qui luttent vraiment pour que ce cauchemar s’arrête, il serait plus décent de vous taire. Les enfants de Gaza qui meurent de faim et de soif ne seront pas nourris par des larmes de crocodiles.
Mais si vous croyez vraiment à ce que vous dites, si vous avez du respect pour les trois quarts de vos concitoyens, pour le parlement, et pour vos propres collègues de parti qui ont signé une foule de motions en ce sens, il faut agir aujourd’hui.