Sursaut chez les artistes flamands : les coupes budgétaires annoncées par le ministre-président chargé de la Culture, Jan Jambon, atteindraient les 60% pour les nouveaux projets culturels en 2020 ! La mesure est assortie d’un rabotage généralisé de 6% de subsides pour les frais de fonctionnement mais « que » de 3% pour certaines institutions reconnues (comme l’Ancienne Belgique située dans le centre-ville de Bruxelles).

Pour certains médias existants, comme Bruzz ou la VRT, ces coupes sont fatales. Pour les jeunes artistes, c’est le coup de grâce. Toutefois, ces diminutions n’affectent pas tout le monde : on ne touche pas aux “excellents” et aux maisons prestigieuses, ni aux amis du gouvernement puisque c’est ce dernier qui décide de l’octroi ou non des subsides. Suite à une réaction rapide du secteur culturel et artistique néerlandophone, et des francophones venus en soutien, Jan Jambon a décidé d’inviter le secteur à répartir lui-même ces économies. Personne n’est dupe, il s’agit bien là d’un piège pour mieux faire passer la pilule sans rien céder sur le fond des économies budgétaires appliquées à la Culture.

La société civile, à travers une lettre signée par plus de 100 organisations, appelle à l’action pour s’opposer aux décisions du gouvernement flamand. Une “week van vuurwerk” (ou “semaine des feux d’artifice”) est prévue en ce début de mois de décembre et se déclinera par de multiples actions à l’encontre de ces coupes budgétaires, aux quatre coins de la Flandre. Par ailleurs, ce 5 décembre, une grande manifestation aura lieu devant les cabinets ministériels de la Communauté flamande à Bruxelles.

Difficile d’y voir une mesure économique plutôt que politique, car la culture ne représente qu’1% du budget flamand alors qu’elle est la source d’une richesse inquantifiable. Si le gouvernement mené par la N-VA s’attaque en premier lieu au secteur culturel, c’est bien pour éradiquer tout avis divergent de l’ethnonationalisme prôné par le parti. Le Mouvement Demain s’inquiète et s’oppose à toute mesure qui entend museler et uniformiser le paysage culturel flamand, un secteur dépendant des maigres deniers publics et en proie à ce que certains nomment déjà à raison : la censure.

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