Le refus de la juge anglaise Vanessa Baraitser d’extrader Assange aux États-Unis parce qu’il y a des risques pour sa survie, est une bonne nouvelle dans l’immédiat. Mais la lutte continue, car il est très préoccupant et scandaleux par contre qu’elle ait balayé de la main les arguments des avocats de la défense, -et des démocrates du monde entier-, montrant qu’Assange est accusé par les États-Unis tout simplement parce qu’avec Wikileaks il a informé efficacement sur certains des nombreux crimes de guerre des États-Unis en Irak, prenant la peine du reste de caviarder soigneusement les parties des documents pouvant mettre à mal la sécurité des États-Unis, (ce que n’a pas fait le journal The Guardian par contre). Et deuxième chose très préoccupante : la juge a reconnu que les États-Unis d’Amérique peuvent demander l’extradition de n’importe quel citoyen pour des faits n’ayant même pas été commis sur leur territoire. C’est une horreur juridique que nous dénonçons avec force.

Le Mouvement écosocialiste Demain estime que si le Gouvernement fédéral belge veut être cohérent dans son discours sur la défense des Droits Humains et de la liberté de la presse, s’il estime que notre pays ne doit pas être une république bananière qui couvre les crimes de guerre des États-Unis, alors notre gouvernement doit sans tarder accorder l’asile politique au lanceur d’alerte Julian Assange. En effet, il n’est plus accusé d’aucun délit en Suède (affaire douteuse qui avait provoqué sa détention), et le fait qu’il ait dénoncé des crimes de guerre, d’un point de vue des Droits Humains, n’est pas seulement un droit, mais un devoir absolu de tout citoyen, et a fortiori de tout journaliste.

Le gouvernement de gauche mexicain, mené par le président Andrès Manuel Lopez Obrador, a par exemple décidé d’accorder à Julian Assange l’asile politique, une décision courageuse qui fait honneur au Mexique. Puisse cette indépendance à l’égard des USA inspirer nos responsables politiques.

Le Mouvement Demain, dont divers membres participent activement au mouvement « Free Assange Belgium » qui manifeste tous les lundis à Bruxelles, continuera à lutter pour que soit reconnue l’innocence de Julian Assange, qu’il soit libéré au plus vite et reçoive l’asile politique en Belgique. C’est essentiel pour que lui-même et d’autres journalistes puissent continuer à dénoncer les crimes de guerre et les crimes contre l’Humanité commis par des États quels qu’ils soient, sans subir la menace d’être persécutés.

Communiqué fédéral du 7 janvier 2021

Share This