La Belgique est le pays du surréalisme mais pas toujours pour le meilleur. Nous venons ainsi d’apprendre l’existence d’une ligne régulière de fret (depuis Doha et à destination de Mexico City) effectuant hebdomadairement un vol entre Maastricht et Liège. Ce vol de 9 minutes et 38 kilomètres est peut-être le plus court du monde. Voici un record aberrant dont nous nous serions volontiers dispensés.

Malheureusement, il ne s’agit pas d’un cas isolé. A Liège Airport, on compte par exemple également un vol Cologne-Liège (120kms) de la compagnie Fedex, et un vol (à vide) Liège-Geilenkirchen (56kms) de la compagnie ASL.

Le transport aérien de fret connait une croissance rapide. C’est un mode de transport extrêmement polluant déjà responsable de plus de 2% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial pour à peine 0.15% du volume fret transporté. Mais il menace également l’environnement de plusieurs autres façons importantes : pollutions atmosphériques classiques, bruit, encombrement et autres questions associées à l’occupation du sol autour des aéroports. Multiplier les atterrissages et décollages a un impact négatif supplémentaire. Les émissions rejetées par les aéronefs à basse altitude se composent notamment d’oxydes d’azote, de monoxyde de carbone et d’hydrocarbures. Et il va sans dire que ceci comporte des risques pour la santé des habitants vivant à proximité des aéroports.

Treize ans après le scandale de la compagnie Jet4You (qui souhaitait relier Liège et Charleroi par avion), voici une nouvelle preuve que la pratique des « sauts de puce » n’est pas endiguée, et notamment dans le fret aérien.

Le mouvement Demain tient à dénoncer l’existence de tels vols. Même si cela n’est sans doute pas une mesure simple (il s’agit de vols « internationaux ») nous demandons que la Région wallonne prenne clairement attitude contre ce type de vols de fret, invite ses aéroports à refuser ces vols, et promeuve activement leur interdiction au niveau européen.

Plus fondamentalement, nous estimons que le choix de faire croître l’aéroport de Liège Airport pour en faire le premier aéroport de fret européen (notamment via l’arrivée du géant chinois Alibaba), est un choix économiquement et écologiquement désastreux.

C’est pourquoi nous réclamons d’urgence que ce débat soit porté sur la place publique afin que chacun puisse disposer des informations primordiales pour l’avenir de Liège et de son agglomération, et ce, autour des questions comme, entre autres, la mobilité (combien de camions supplémentaires cela va-t-il générer sur nos autoroutes et dans nos villages ?), l’environnement, le nombre de vols, les emplois créés et détruits, les coûts pour la Région wallonne, et la santé.


Reportage RTBF :

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