Une crise de plus… une fraude de trop, la justice le dira dans quelque temps mais les citoyens ont raison de s’alarmer de ce nouveau séisme dans le domaine agro-alimentaire, enfin dans l’agro-industrie productiviste.

Il y aura probablement 3 groupes qui seront les victimes directes de cette nouvelle affaire : les éleveurs et les bouchers honnêtes, les consommateurs floués, les travailleurs qui risquent de perdre leur emploi mais c’est toute la question de notre alimentation qui se pose.

Car cette nouvelle crise met en cause un droit fondamental – la santé – qui repose sur une « alimentation de qualité » et sûre pour toute la population !

Une première remarque s’impose, faire la différence entre un accident et une fraude : un accident est toujours possible car le risque zéro n’existe pas. Il faut donc tout mettre en œuvre pour réduire les risques au maximum.

Mais une fraude est un acte VOLONTAIRE qui permet de gagner pas mal d’argent, le distinguo est de taille.

Souvenez-vous, du « minerai de viande » qui pendant le transport est passé de cheval à bœuf en 2013 (4,5 millions de plats cuisinés en Europe) ; Dans ce cas, il n’y avait pas de risque sanitaire, mais une fraude économique, encore que la marchandise de départ ne fût certes pas de premier choix.

Mais souvenez-vous aussi des « vaches folles » en 2011 (224 décès connus) ou de la crise de la dioxine en 1999. Cette dioxine (hautement cancérigène) découverte en Belgique dans des farines pour la volaille et le bétail, contaminant toute la chaîne alimentaire.

Ou, récemment, celle des œufs au fipronil, un insecticide toxique interdit dans le traitement des animaux destinés à la chaîne alimentaire.

Il s’agissait de fraudes bien plus graves, étant donné la toxicité de ces produits.

Le rôle d’un État soucieux de ses citoyens est de garantir des aliments sans danger pour la santé. En Belgique ce rôle revient à l’AFSCA, Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, créée en 2000. Budget 2016 : 164 millions mais on prévient déjà qu’il sera en baisse.

Une agence qui ne ménage parfois pas ses efforts pour contrôler les petits producteurs ou les artisans de bouche régionaux… la presse s’est ainsi récemment fait l’écho des menaces sur le fromage de Herve ou la tarte au riz.

Nous espérons que l’agence est aussi « précautionneuse » et éventuellement sévère avec la grosse industrie et nous suivrons avec grand intérêt les suites de l’affaire VEVIBA.

Lorsque l’AFSCA s’interroge sur les dégâts économiques directs que ses sentences peuvent causer à l’entreprise, est-on sûr qu’elle traite à égalité les grosses sociétés qui ont des moyens de défense et les PME ?

Un autre cas récent permet d’en douter : la fermeture administrative, depuis le 20 février, de la petite boulangerie coopérative « Le Pain se Sent Rire », à visé (sans problème d’hygiène) hypothèque leur survie. Ils espèrent néanmoins ré-ouvrir dans le courant de la semaine.

Pour le Mouvement DEMAIN, il est primordial de repenser les contrôles sanitaires et de différencier les circuits, afin de permettre au consommateur de se fournir en toute connaissance de cause.

Un circuit court, de petite production ne présente pas les mêmes risques que l’industrie qui met en œuvres des produits complexes ou qui expédie ses produits aux quatre coins du monde.
L’AFSCA différencie bien ses départements « petites entreprises » et « industrie » mais c’est moins clair lorsqu’il s’agit de « valider les systèmes d’autocontrôle » et d’assurer la fréquence des échantillonnages ou « d’information sur les contrôles officiels relatifs aux produits composés ».

Les associations de consommateurs sont associées à travers un « Comité consultatif » au même titre que les fédérations industrielles (8 réunions en 2016), cela suffit-il pour avoir une vraie transparence puisque les signes d’information des consommateurs (étiquettes) n’évoluent quasi pas ?
Leur dernier rapport affirme que « l’amélioration de la captation des signaux potentiels de crise – de la chaine alimentaire – est l’un des projets que l’AFSCA a lancé pour suivre de près les développements. »… est-ce suffisant ?

En dehors du rôle de contrôle de la chaîne alimentaire existante, ce sont tous les problèmes de la production qui sont à l’ordre du jour du Mouvement DEMAIN ; spécialement les modèles économiques qui empêchent les maraîchers ou les petits producteurs locaux bio de survivre.
Ce sont aussi les problème de bien-être des animaux et de consommation excessive de viandes qui sont à travailler.

DEMAIN a du pain sur la planche !

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