Suite à nos révélations du 16 novembre dernier sur la poursuite des vols “saut de puce” entre Liège et Maastricht, vols que nous avions dénoncé dès 2019 pour une autre compagnie, le débat sur cette pratique anti-écologique a repris.  Il a notamment été porté par des députés ECOLO, au Parlement Wallon où le ministre MR Jean-Luc Crucke a botté en touche, puis récemment au parlement Fédéral où le ministre ECOLO Georges Gilkinet semble plus réceptif sur la question et a pris une position de principe contre ces vols. Cette position doit désormais se muer en actes concrets. Il nous semble également essentiel que la question soit abordée dans son ensemble pour y apporter de bonnes réponses.

Premièrement, le vol international de 38 kilomètres opéré par une compagnie de fret entre Liège et Maastricht n’est pas un cas isolé. Notons que  : 

  • Les vols saut de puce ne concernent pas uniquement Maastricht.  S’agissant de Liège, des vols opérés par d’autres compagnies existent également depuis des aéroports allemands comme Cologne (120km) et Geilenkirchen (56km)
  • Les vols de positionnement ne sont pas uniquement internationaux, puisque des vols nationaux existent également (notamment entre Bruxelles et Liège)
  • Et enfin, ces vols ne concernent pas que les vols commerciaux et de fret, puisque des jets privés effectuent également des vols saut de puce (notamment entre Charleroi et Liège) ce qui montre les limites de l’actuel décret wallon.

Deuxièmement, la nomenclature “vol de positionnement” regroupe des réalités très différentes. Il peut arriver que des avions dédiés au fret doivent se déplacer à vide entre un aéroport où ils subissent par exemple un entretien technique et un autre d’où ils ont à embarquer des marchandises. Mais très souvent, il existe également des vols saut de puce “à vide” entre aéroports uniquement pour plaire à un client (qui souhaite que la marchandise soit livrée dans un aéroport spécifique mais ne permettant pas des décollages de l’avion utilisé à pleine charge, ce qui est le cas pour Maastricht) ou pour des motifs purement économiques (coût de main d’oeuvre ou du carburant par exemple).  Il en va de même quand un avion effectue un vol saut de puce à vide pour venir embarquer des passagers pour leur seul confort (leur évitant de se déplacer jusqu’à l’aéroport proche où est stationné l’avion).

Enfin, il ne s’agit pas uniquement de mettre fin à cette pratique mais également de s’assurer que la réponse ne conduit pas à davantage encore de gabegie écologique.  A titre d’exemple, le vol saut de puce de Qatar Airways que nous avions dénoncé il y a désormais plus d’un an a semble-t-il  été remplacé par deux vols.

Ce que soulève ces différents cas est la limite à placer entre intérêts économiques privés de court-terme, et intérêt commun de long terme, que ce soit pour le climat ou pour la qualité de vie des riverains des divers aéroports. A nos yeux, le rôle d’un pouvoir public est précisément de fixer le curseur au bon endroit. C’est clairement ce qui fait défaut aujourd’hui.

Nous avons donc décidé d’adresser au Ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet, la lettre ouverte suivante :

Lettre ouverte à Georges Gilkinet

 

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