Le mouvement écosocialiste DEMAIN se réjouit du retour de la démocratie et du magnifique triomphe de la gauche en Bolivie, contre la droite et l’extrême-droite.

Tout le monde craignait une fraude, une manipulation des résultats par le gouvernement sortant, qui avait mené un coup d’Etat il y a un an, suite à des élections dont le résultat avait été contesté par l’Organisation des Etats Américains (OEA), largement à la solde des Etats-Unis, en particulier son secrétaire général actuel, l’Uruguayen Luis Almagro. Mais c’est l’énorme marge de 25 % offerte à la gauche par le peuple bolivien qui a probablement dissuadé les putschistes de tenter de rester au pouvoir face à ce raz-de-marée.

Le MAS – parti de l’ex-président Evo Morales aujourd’hui en exil forcé en Argentine – reprend donc la présidence avec son candidat Luis Arce, et la vice-présidence avec David Choquehuanca, mais il remporte aussi la majorité dans les deux chambres du Parlement bolivien.

La victoire est en grande mesure due à la gestion calamiteuse et violente du pays par les putschistes de droite et extrême-droite, qui ont donné libre cours à leurs appétits corrompus tout en appliquant à la lettre les crédos néolibéraux les plus poussiéreux, mais aussi sans doute au fait que le MAS, contraint par les événements, a aligné des candidats nouveaux, et notamment David Choquehuanca comme vice-président qui a la confiance des organisations indigènes. Lors d’un référendum populaire en 2018 le peuple bolivien avait rejeté la possibilité pour Evo Morales de briguer un nouveau mandat. Et c’est le fait d’ignorer le résultat de ce référendum, -gagné par la droite en utilisant des arguments personnels infâmes il est vrai-, qui avait divisé la société bolivienne et facilité le travail des putschistes, appuyés par l’OEA, et boostés par l’appui affiché des Etats-Unis dans le silence complice de l’UE.

Le retour d’un gouvernement de gauche dans un pays qui se trouve au coeur de l’Amérique latine (Che Guevara l’avait choisi parce qu’il le considérait stratégique pour son projet de guérilla après la victoire de Cuba) est un précédent important en vue des prochaines élections au Venezuela en décembre de cette année, et en 2021 en Equateur, où les listes de l’ancien président Correa seront autorisées à participer aux élections au terme d’une saga pseudo-judiciaire, ainsi qu’au Pérou où pointe aussi une nouvelle gauche. C’est enfin un coup très dur asséné aux présidents Trump et Bolsonaro.

Le nouveau gouvernement va devoir redresser un pays ruiné par le gouvernement putschiste. Le nouveau président a proposé un gouvernement d’union nationale, mais il faudra mener de larges consultations avec la population pour arbitrer entre ceux qui souhaitent reprendre les politiques du dernier gouvernement d’Evo Morales, et ceux qui veulent que le nouveau gouvernement soit plus à l’écoute des besoins des communautés de base, et réponde donc moins aux ambitions de la nouvelle bourgeoisie proche du MAS. Les communautés veulent que le projet initial du MAS soit mis en oeuvre, notamment en ce qui concerne la réforme agraire, largement mise au tiroir, la fin de grands travaux contestés, en particulier deux méga-barrages qui affectent les territoires indiens, et une sortie programmée des énergies fossiles. Au-delà du discours sur la mère-Terre, le dernier gouvernement Morales avait axé son économie sur le futur du gaz, programmant de nouveaux investissements dans ce secteur et très peu dans le renouvelable, alors que la Bolivie a un potentiel inégalé dans ce domaine.

Mais pour le moment, l’heure est à la célébration de cette magnifique victoire contre le néolibéralisme, le capitalisme débridé, l’obscurantisme religieux et le racisme anti-Amérindiens, qui redonne de l’espoir à la gauche en Amérique latine et dans le monde, et fait sortir la Bolivie d’un long tunnel d’horreur répressive.

Communiqué Fédéral du 24 octobre 2020

NB : Il va de soi, qu’une fois la victoire écrasante du MAS annoncée, les menaces qui pesaient sur la délégation du PGE, de Podemos, du PCF et du Mouvement Demain -représenté par Maxime Ramirez- se sont en partie évaporées. Tant mieux pour nos camarades !

non venenatis ut risus. ut fringilla libero