Depuis plusieurs années maintenant, la ville de Namur compte construire un centre commercial au sein de la commune, avec comme objectif de revitaliser le centre-ville.
A l’occasion de l’installation du nouveau conseil communal, le Mouvement Demain de Namur rappelle son opposition à un tel projet, et les raisons de ce refus.

Premièrement, les centres commerciaux ont fleuri en Wallonie ces dernières décennies ; Charleroi, Eupen, Mons, Louvain-La-Neuve, autant de villes s’étant dotées d’un tel bâtiment.
Et tous se ressemblent : de longues galeries commerciales menant vers un supermarché géant et centralisant au maximum tout ce qui est achetable. Ce sont des lieux qui deviennent chers à la location pour les commerçants locaux et ne permettent plus guère qu’aux grandes enseignes de présenter leurs produits. Ces enseignes sont souvent responsables de productions peu soucieuses de l’environnement, en plus de profiter d’une fiscalité injuste pour les travailleurs de ce pays. Ensuite, un centre commercial peut certe être économiquement avantageux pour la ville l’accueillant, mais reste dévastateur pour les commerçants environnants – ou du centre ville, à l’instar de Mons. Et lorsque le projet ne fonctionne pas, il est catastrophique pour la ville dans sa globalité, à l’exemple d’Eupen. De plus, rappelons que les centres commerciaux classiques commencent à passer de mode: il suffit d’observer l’état de délabrement de plusieurs centres américains.

Deuxièmement, nous tenons à rappeler le coût écologique de tels projets. Nous avons pris connaissance de fait que la ville comptait “relocaliser le parc sur le toit”, mais il ne s’agit là de rien d’autre que de greenwashing… un parc, ça s’entretient. Rappelons qu’un tel centre doit être chauffé en hiver, climatisé en été, et que la consommation énergétique d’appareils tels que des ascenseurs ou des escalators doit être évitée lorsqu’elle le peut.

De plus, Demain Namur estime la ville suffisamment bétonnée en l’état, et nous préférerions voir une augmentation des espaces verts plutôt que la disparition d’un parc.
Sans compter qu’un parc, c’est bien plus qu’un espace vert: c’est un lieu de rencontres et d’activités. Pourquoi chercher à faire comme tous les autres et échouer là où ils ont échoué quand nous avons la possibilité de donner un chachet spécifique à la ville, maintenant que les projecteurs sont sur ce parc.

Un parc, ça peut être le lieu où:

  • des associations écologiques, sociales, ou de jeunesse organisent leurs activités ;
  • des bibliothèques et ludothèques centrent leurs animations ;
  • l’on adapte l’espace pour donner une chance aux commerces de circuit-court de rencontrer des clients ;
  • l’on peut faire un centre commercial à ciel ouvert et incorporé à l’organisation de l’écosystème (et ainsi prouver à tous que l’on peut organiser une activité commerciale tendant vers le 0 déchets) ;
  • l’on peut développer des activités
  • les jeunes pourraient obtenir des qualifications telles que le jardinage ;
  • un parcours vita peut se (re)trouver ;
  • l’on peut installer des locaux louables à consommation passive pour accueillir les initiatives citoyennes en matière de vivre ensemble, de bien être ou de politique.

Et il existe bien d’autres possibilités que l’on pourrait mettre en place pour faire de ce parc un exemple de transition écologique et de Namur, une ville écosociale pensant sur le long terme.

Communiqué de la régionale de Namur du Mouvement Demain

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