Voici le texte d’une carte blanche parue sur le site du journal POURsignée par des membres du Collectif Le Ressort et soutenue par quelques personnalités[1] (dont notre co-porte-parole Pierre Eyben) qui y apportent leur appui.  Vous pouvez signer cet appel en ligne sur le site change.org

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Au mois d’octobre, nos concitoyen·ne·s seront de retour dans l’isoloir afin d’élire les prochains conseils communaux. Nous expérimentons ensemble, depuis quatre ans au fédéral, depuis un an à la région, des majorités très à droite sur le plan socio-économique, voire carrément d’extrême-droite en matière de politique d’accueil des étrangers.

Depuis une quarantaine d’années, toutes les formations politiques de gouvernement ont été peu ou prou contaminées ou hypnotisées par l’idéologie néolibérale et son mantra « TINA » (There is no alternative)[2]. En Belgique, nous pensons qu’il est temps de mettre en œuvre des politiques plus en faveur des citoyen·ne·s. Nous lançons le présent appel : dans les communes où le résultat des élections le permettrait, la recherche de la constitution de majorités le plus à gauche possible doit être privilégiée.

Naturellement, il ne suffit pas que l’étiquette sur la bouteille de vin soit belle pour que le vin soit bon… De nombreux débats, de nouvelles thématiques et de nouveaux enjeux parcourent la société dans ses aspirations à plus de justice, à une meilleure répartition des richesses et à une attention extrême aux questions d’environnement et de durabilité.

C’est pourquoi de telles majorités ne sauraient servir la cause du peuple sans intégrer dans leur programme de majorité, en tout ou en grande partie, les éléments suivants :

  1. En matière de démocratie, afin d’impliquer les habitant·e·s dans la gestion quotidienne de leur ville, mettre en place des politiques de participation citoyenne au travers de comités de quartier, ayant un rôle effectif dans la gestion du budget communal.
  2. En matière de sécurité alimentaire, développer des politiques volontaristes pour faire entrer la ville en transition[3], selon un programme co-rédigé avec le secteur associatif.
  3. En matière de droit au logement et de politique active d’accompagnement des sans-abris, soutenir les associations de terrain et mettre à disposition des logements de transit et de resocialisation; mettre en place un contrôle des loyers et de l’état des biens mis en location; réquisitionner les logements vides; édicter des prescriptions d’urbanisme rendant obligatoire l’accès aux étages des rez-de-chaussée commerciaux et abroger les arrêtés anti-mendicité.
  4. En matière d’environnement et de mobilité, démontrer un engagement clair pour des villes et communes où la qualité de l’air est le moteur de la réflexion. Cela vaudra en matière d’urbanisme, de mobilité douce ou collective, de préservation des espaces verts et de leur augmentation.
  5. En matière de soutien à la relocalisation de l’économie, oser le développement d’une initiative économique et/ou industrielle publique pour répondre aux défis des besoins croissants en infrastructures; accentuer la relocalisation des petits commerces et autres activités économiques en centre-ville par une politique d’immobilières sociales et d’aménagement du territoire spécifiquement attachée aux espaces commerciaux et industriels urbains; lancer une transformation de ces services publics bureaucratisés en biens communs contrôlés démocratiquement par les citoyens.
  6. En matière de conciliation emploi/vie privée et d’égalité des genres, agir concrètement et résolument pour faire des villes et des communes des lieux d’avant-garde dans les domaines sociaux et de l’emploi; négocier avec les représentant·e·s des travailleuses et travailleurs de la commune, de son CPAS, de ses ASBL et intercommunales; expérimenter la réduction collective du temps de travail à 32 heures, en 4 jours, sans perte de salaire et avec embauche compensatoire, et tendre vers l’égalité des genres dans la fonction publique locale.
  7. En matière d’accueil, s’attacher à rendre les villes et communes hospitalières et refuser de se rendre complices des politiques de contractualisation des allocataires sociaux et de chasse aux migrants.
  8. En matière de gestion publique, affirmer l’engagement des autorités communales à réaliser une gestion transparente.
  9. En matière de scolarité, lutter activement contre la dualisation de l’enseignement; s’engager à rendre accessibles à toutes les couches de la population les formes d’enseignement alternatif, tels l’enseignement par projet ou l’immersion linguistique.
  10. En matière de finances publiques, afin de dégager des moyens substantiels pour mener sans entraves les politiques énumérées ci-dessus, réaliser un audit approfondi de la dette de la commune et refuser d’en subir le carcan.

Voici les 10 thématiques de base d’un programme qui mettrait en avant la démocratie et le bien-être de la population plutôt que l’attractivité de la commune pour des investisseurs en quête de rendements exclusivement financiers.

Les signataires de ce texte souhaitent que les différentes formations politiques qui vont concourir se prononcent publiquement sur leurs options de coalition et décrivent concrètement comment elles mettront ces éléments en pratique, sans se limiter à de grandes têtes de chapitre ou à des promesses de « participation des citoyens ». Le potentiel pour une telle démarche existe réellement.

Pour le collectif Le Ressort : Malika Blach, Steve Bottacin, Didier Brissa, Maximilien Lebur, Aurélie Nisot, Sylvain Poulenc, Michel Recloux, Olivier Starquit, Audrey Taets. 

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Ce texte est une version abrégée afin de correspondre aux contraintes de place d’une carte blanche, une version plus détaillée existe sur notre site et est également soutenu par une série de personnalités dont vous pouvez retrouver la signature sur le site du Ressort : http://ressort.domainepublic.net/spip/spip.php?article56.

[1] Mateo ALALUF, professeur; Niclas BARDOS-FELTORONYI, économiste, professeur émérite; Yannick BOVY, réalisateur; Jojo BURNOTTE, animateur CEPAG; Luca CICCIA, citoyen; Vincent DE RAEVE,  citoyen/écrivain; Vincent DECROLY, juriste; Christian DRAGUET, syndicaliste; Anne DUFRESNE, chercheuse au GRESEA; Pierre EYBEN, chercheur; Ezio GANDIN, ami de la terre; Cristina GAY, citoyenne; Marc GOBLET, syndicaliste retraité; Françoise HANSOUL, Arts de la Scène; Céline MARTIN, attachée culturelle; Sylvain MICHIELS, syndicaliste; Dominique NUYDT, citoyen; Christine PAGNOULLE, professeur; Didier SOMZE, enseignant; François SONNET, maraîcher; Jean-François TAMELLINI, syndicaliste; Pierre VERMEIRE, citoyen;
[2] Il faut tuer Tina, Olivier Bonfond, coédition Le Cerisier / CEPAG.
[3] Économie bas carbone, relocalisation des productions, passage au bio-local, verdurisation urbaine…

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