Il y a quelques jours, sur les réseaux sociaux, le journaliste Michel Henrion attirait l’attention sur un article Libération évoquant la situation difficile des nombreux étudiants français qui dépendent pour leur subsistance de petits boulots « J’avais un petit job étudiant. J’ai dû tout arrêter. Là, je suis à découvert depuis une dizaine de jours. Je ne sais pas trop comment je vais faire ».

C’est également le cas en Belgique où de nombreux étudiants (en particulier dans les familles à faibles revenus) dépendent d’un job pour nouer les 2 bouts. Des études, dont celles de la FEF qui intervient sur ce thème de façon de plus en plus insistante ces dernières années, sans réponse des autorités concernées, montrent que de plus d’un quart des étudiants dépendent d’un job pour payer leurs études ou subvenir à leurs besoins primaires comme l’alimentation ou le logement. Avec la crise épidémique et le confinement, beaucoup d’entre-eux se retrouvent à la fois sans boulot et sans droit à un revenu de remplacement (chômage ou de CPAS). Les jobistes n’ont pas accès directement à la sécurité sociale en ce domaine.

Après la mise en place d’un mode accéléré d’accès au « chômage temporaire » pour les travailleurs salariés par le gouvernement fédéral, une formule de soutien aux artistes par la ministre compétente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, répondant à l’appel de nombreux indépendants en difficulté par manque d’activités, le gouvernement wallon a mis en place, à juste titre, un “revenu passerelle” pour les indépendants, afin de les soutenir et de les aider à passer le cap jusqu’à la reprise de leurs activités. Celui-ci sera sans doute trop faible si l’épidémie contraint à la prolongation du confinement, mais c’est déjà un geste important.

Reste que plus la situation se prolonge, plus elle plonge dans la difficulté d’autres catégories d’acteurs économiques, et en particulier donc les étudiants dont la situation socio-économique familiale les contraint à mener en parallèle à leurs études une activité professionnelle. Ces étudiants sont déjà en temps normal plus fragilisés dans leurs études. Ils vont l’être encore davantage à l’occasion de la crise actuelle et sans doute également au-delà.

Le Mouvement Demain invite dès lors les organisations représentatives des étudiants et des salariés à exiger également du gouvernement un “revenu passerelle” pour les étudiants dépendant d’un salaire pour vivre en l’absence de droit au chômage, ou un droit au chômage temporaire exceptionnel.

N’ayant pas encore de députés régionaux ou fédéraux, nous invitons également les parlementaires des partis progressistes à déposer des propositions de lois en la matière. Quitte, pour certains, à soutenir le gouvernement Wilmès, qui profite toujours davantage de la crise pour prendre toute une série de mesures qui attaquent le droit du travail, autant que ce soutien serve aussi à conquérir de nouveaux droits, ne fut-ce qu’à titre temporaire.

Communiqué fédéral du 16 avril 2020

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