Le Mouvement Demain appelle les gouvernements belges et les pouvoirs locaux à prendre des mesures concrètes et transversales contre les violences faites aux femmes.

  • Parce qu’aujourd’hui, 22 féminicides sont dénombrés depuis le début de l’année, sans compter ceux qui ne sont pas considérés comme tels. Et parce qu’il y aurait 100 viols par jour en Belgique.
  • Parce que 70% des plaintes pour violence conjugale sont classées sans suite, parce qu’un quart des femmes est victime de viol par son partenaire et parce qu’une femme sur deux déclare avoir subi des violences psychologiques de la part de son partenaire.
  • Parce que les hébergements destinés à protéger les femmes violentées ne sont pas gratuits et que leur nombre est très largement insuffisant.
  • Parce que les associations de terrain sont peu consultées et qu’il n’existe pas de données officielles complètes au sujet des violences faites aux femmes.
  • Parce que la culture du viol nuit gravement aux femmes, les prive de quiétude dans l’espace privé et public, et crée un climat favorable à l’impunité des agresseurs.
  • Parce que des femmes intériorisent les violences physiques, verbales et symboliques, elles en viennent à s’en sentir coupables alors qu’elles en sont les victimes.
  • Parce que les femmes subissent des violences à tous les âges et dans tous les lieux – chez elles, dans l’espace public, sur leur lieu de travail -, et que ces violences sont aggravées selon leur orientation sexuelle, leur classe sociale, leur identité de genre, leur origine et lorsqu’elles sont migrantes.
  • Parce que les schémas traditionnels permettent aux hommes de dominer tous les genres et d’exploiter les plus précaires.
  • Parce que les mesures conservatrices s’apparentent à une injonction de retour au foyer et parce que les politiques de l’extrême droite pénalisent doublement les femmes d’origine étrangère ou perçues comme telles.
  • Parce que le système économique capitaliste exploite autant la Terre que les femmes.
  • Parce que nous vivions dans un système consumériste qui nuit à la santé et la dignité de millions de femmes dans le monde et qui pille leurs ressources.
  • Parce que les droits des femmes ne garantissent pas leur protection dans les faits, que ces droits sont bafoués quotidiennement et que les inégalités constituent une violence qu’il est pourtant possible de résorber !

Des gouvernements présents et à venir, le Mouvement Demain exige l’abolition des violences sexistes et l’application effective de la Convention d’Istanbul (Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à égard des femmes et la  violence domestique). D’ailleurs, aucune évaluation officielle de l’application de la Convention n’existe à ce jour pour la Belgique, alors que sa signature date de 2012 et son entrée en vigueur de 2016. Les élus du Mouvement Demain, à Liège et au Roeulx, s’affairent déjà à déposer des motions visant à encourager la lutte contre le fléau planétaire que sont les violences sexistes.

Force est de constater que le bilan est grave et que la Belgique ne répond pas à ses obligations. Au-delà de la dénonciation des violences systémiques aggravées par le système capitaliste à l’encontre des femmes, le Mouvement Demain se positionne concrètement :

  • pour que le « féminicide » soit reconnu dans la loi et pour que justice soit faite,
  • pour que la Convention d’Istanbul soit effectivement appliquée,
  • pour plus de moyens pour garantir l’information et une coordination cohérente entre les institutions accueillantes,
  • pour que les moyens pour garantir la protection des femmes soient dégagés, au niveau des services de police et de la Justice,
  • pour des hébergements gratuits et en nombre suffisant, et pour des services spécialisés de qualité,
  • pour renforcer les mesures de prévention, par exemple en généralisant l’EVRAS (éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle) et en épaulant les plannings familiaux,
  • pour un suivi sérieux et des données nationales exhaustives sur les violences faites aux femmes, et pour une prise en compte sérieuse des avis des associations de terrain,
  • …et pour que les violences faites aux femmes ne soient pas passées sous silence !

 

Communiqué fédéral du 25-11-2019 

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