Une opinion de Marie-Claire Hames

Une précarité que l’on pensait en voie d’être reléguée aux oubliettes a modifié les modes de consommation. Ces consommateurs plus pauvres ont rapidement attiré des entrepreneurs à la recherche de nouveaux créneaux porteurs et rentables : le marché des produits dits -LOW COST -.

Ces produits sont partout, de la maison aux voyages en passant par l’alimentation, l’habillement et bien d’autres domaines encore.

Maintenir à tout prix une consommation exponentielle de biens sans souci de leur qualité, de leur utilité, de leur sécurité sanitaire. Biens jetables, consommables, polluants… on continue, avec obstination, un schéma obsolète. Tel est le CREDO du système capitaliste !

De nouveaux types de commerce sont sortis de la boîte de pandore avec pour stratégie de casser les prix à n’importe quel prix. Qu’importe si le prix à payer est une baisse de qualité, de sécurité, de protection sociale, une pollution accrue des écosystèmes. Car un prix bas implique toujours une pression maximale sur le système de production, de distribution et d’utilisation. En avons-nous vraiment conscience ?

Ouvrons les yeux, éclairons nos choix à travers quelques exemples.

Un exemple simple, les trajets en avion :

Les compagnies ‘low-cost’ exercent une pression très forte sur tous les maillons de la chaîne. Quand il ose, le personnel stressé le traduit par des grèves, dénonce même parfois le risque d’un manque de sécurité.
Les travailleurs en grève chez Ryanair sont un indicateur du malaise mais d’autres sont également concernés et gardent le silence par crainte pour leur emploi.

Un autre exemple, l’habillement :

Un jeans pour 10 euros, une robe pour 20, un pull pour 20 : à prix constant jamais les vêtements n’ont été aussi bon marché mais à quel prix humain ? A quel prix écologique ?

Des ouvriers et ouvrières exploités quasi à l’esclavage pour un salaire qui ne leur permet pas de vivre, des enfants parfois et des centaines de morts dans des usines totalement insalubres et insécurisées comme au Bengladesh pour ne citer que cet exemple.

Que dire aussi des rejets de polluants dans leurs rivières, leur environnement. De la pollution supplémentaire des containers qui traversent les océans ?

Sans parler des insecticides qui imprègnent les vêtements pour éviter leur détérioration durant leur long voyage (au point que les douaniers ne peuvent pénétrer sans risque dans les containers) ?

Et lorsque nous mangeons low-cost :

Les discounters alimentaires sont de plus en plus nombreux, en sites propres ou dans les grandes surfaces classiques en alignant des produits d’entrée de gamme. De nombreux magasins ferment boutique, victimes de prix cassés qui ne représentent pas les coûts réels.

On entend trop peu parler des petits producteurs alimentaires qui tirent le diable par la queue ou des fermiers qui jettent la faux (1980 à 2016, disparition de 3,2% des exploitations par an et, avec la concentration des terres, -60% des travailleurs. Extrait de “Chiffres clés de l’agriculture” publiés par le SPF Economie).

Au chapitre de la qualité, souvenez-vous de la viande de cheval dans des lasagnes, de viandes avariées et réemballées, des œufs contaminés au fipronil, etc.

Lait produit dans des usines à vaches, poulets d’élevages intensifs, tomates hors sol, fraises chimiques, huile de palme partout et bien d’autres horreurs.

Ce type de consommation est préjudiciable à TOUS, sauf aux entrepreneurs « discounters » qui sont particulièrement riches et qui vivent très bien sur le dos des travailleurs, tant à la production qu’à la distribution.

Nous faisons ici un bien triste constat, mais la situation n’est pas immuable.

Nous pouvons changer l’ordre des choses par le SUPER POUVOIR QUE NOUS AVONS de ne plus suivre et surtout la volonté de combattre ces systèmes iniques qui ne font qu’entraîner un appauvrissement de tous, une tragique précarité et un RECUL SOCIAL.

Vous penserez certainement que le changement sera complexe et ardu ; OUI cela exige une modification en profondeur de nos modes de vie ou pour certains de survie mais le jeu en vaut la chandelle.

REINVENTONS nos modes de vie par une simplification de nos achats, de notre style de vie en agissant de manière POSITIVE et RESPONSABLE. Tournons-nous vers un AVENIR plus JUSTE, plus simple, plus humain pour TOUS et sur la planète entière.

Le changement par l’ACTION : acheter en circuits courts, manger local et de saison, cuisiner ‘maison’, cultiver ses légumes, ses fruits et avoir des poules lorsqu’on le peut, lire les étiquettes, fabriquer certains de ses objets, acheter en deuxième main et fréquenter les brocantes, les vide greniers, pratiquer le troc et le prêt des outils peu usuels, acheter des basiques, réparer les choses (repair cafés), essayer de nouvelles collaborations et remettre à l’honneur une forme de SOBRIETE JOYEUSE.

Moins mais mieux, chacun à son rythme et sans culpabiliser.

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