Le Mouvement Demain apporte son plein soutien aux étudiantes et étudiants qui se mobilisent aujourd’hui contre les politiques d’austérité menées par les gouvernements fédéral, wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Depuis deux ans, une succession de décisions frappe directement la jeunesse, de l’école primaire à l’entrée dans la vie active. Derrière les discours sur la « responsabilité budgétaire », une réalité apparaît : ce sont les jeunes qui paient la facture.

Cette vague de reculs est d’autant plus inacceptable qu’elle intervient après une période déjà extrêmement difficile pour les jeunes. La crise du Covid a profondément marqué toute une génération : cours à distance, isolement, détresse psychologique, décrochage scolaire, précarité étudiante accrue, difficultés d’insertion sur le marché du travail. Alors que de nombreux experts appelaient à un véritable plan de rattrapage pour la jeunesse, les gouvernements ont choisi une autre voie : celle des économies, de la précarisation et du désengagement public.

Une offensive contre la jeunesse à tous les niveaux de pouvoir

Au fédéral : précariser l’entrée dans la vie active

Le gouvernement Arizona a décidé de limiter les allocations d’insertion à un an seulement, là où elles pouvaient auparavant être perçues pendant trois ans. Cette réforme réduit drastiquement la protection des jeunes à la sortie des études et accroît le risque de précarité pour celles et ceux qui peinent à trouver un emploi durable. À cela s’ajoute la limitation générale dans le temps des allocations de chômage.

Le gouvernement fédéral a également ouvert le débat sur une réforme de plusieurs mécanismes de sécurité sociale et de solidarité, dont les allocations familiales, faisant peser de nouvelles inquiétudes sur le soutien apporté aux familles et aux jeunes.

En Wallonie : rendre la mobilité plus chère

Le gouvernement wallon a mis fin à l’abonnement TEC à 12 euros destiné aux jeunes. Cette décision constitue un très mauvais signal. Dans un contexte où les loyers, les factures énergétiques et les frais d’études explosent, la mobilité devrait être facilitée et non rendue plus coûteuse. Accéder à l’école, à l’université, à un stage, à un emploi, à une activité sportive ou culturelle ne devrait jamais dépendre des revenus de ses parents.

Parallèlement, plusieurs dispositifs d’aide à l’emploi des jeunes sont réorientés vers davantage de conditionnalité et d’activation.

En Fédération Wallonie-Bruxelles : l’école et l’enseignement sous régime d’austérité

Les mesures d’économie touchent directement et massivement l’enseignement.

Dans le secondaire, le gouvernement augmente la charge de cours de nombreux enseignants, en passant notamment de 20 à 22 heures face classe. Derrière cette mesure comptable se cache une réalité simple : moins de temps pour préparer les cours, moins de suivi individualisé, moins d’accompagnement pédagogique et davantage de risques d’épuisement professionnel.

Les investissements dans les bâtiments scolaires sont également revus à la baisse alors même que de nombreux établissements souffrent déjà de problèmes de vétusté, de sous-équipement ou d’infrastructures insuffisantes.

Le gouvernement a également renoncé à l’ambition de généraliser les repas scolaires gratuits. Pourtant, alors que la pauvreté infantile progresse et que de nombreuses familles peinent à boucler leurs fins de mois, cette mesure constituait un puissant outil de justice sociale, de santé publique et de lutte contre les inégalités.

Dans l’enseignement supérieur, les perspectives sont tout aussi préoccupantes : hausse annoncée du minerval, recherche d’économies budgétaires, sous-financement chronique des établissements et pression accrue sur les étudiants. 

Une génération sommée de payer la facture

Le constat est accablant :

  • des études qui coûtent plus cher ;
  • des transports plus chers ;
  • une protection sociale réduite ;
  • un encadrement scolaire affaibli ;
  • des bâtiments scolaires moins financés ;
  • la disparition de mesures de soutien comme les repas scolaires gratuits ;
  • un accès à l’emploi plus précaire ;
  • des menaces sur plusieurs mécanismes de solidarité familiale ;
  • une crise du logement qui ne cesse de s’aggraver.

Pris séparément, chacun de ces reculs peut sembler limité. Pris ensemble, ils dessinent une orientation politique cohérente : faire porter aux jeunes le poids de l’austérité budgétaire.

Pendant ce temps, des milliards d’euros sont dégagés pour l’augmentation des dépenses militaires, tandis que les cadeaux fiscaux aux grandes fortunes et aux multinationales restent largement préservés.

Une autre politique est possible

Le Mouvement Demain refuse que la jeunesse serve de variable d’ajustement budgétaire.

Nous défendons au contraire :

  • le refinancement massif de l’enseignement obligatoire et supérieur ;
  • le maintien d’une véritable sécurité sociale pour les jeunes ;
  • le rétablissement des tarifs sociaux de transport et la gratuité progressive des transports en commun ;
  • des repas scolaires gratuits et de qualité ;
  • un vaste programme de rénovation et de construction de bâtiments scolaires ;
  • un plan ambitieux pour le logement étudiant et le logement accessible ;
  • un renforcement des services de santé mentale ;
  • une fiscalité plus juste faisant enfin contribuer les grandes fortunes et les multinationales à hauteur de leurs moyens.

Les étudiantes et étudiants qui se mobilisent aujourd’hui ne défendent pas seulement leurs conditions d’études. Ils défendent le droit de toute une génération à vivre, étudier, se loger, se déplacer et travailler dignement.

Après avoir traversé le Covid, l’inflation, la crise énergétique et l’explosion du coût du logement, la jeunesse mérite mieux que de nouvelles coupes budgétaires.

Le Mouvement Demain appelle l’ensemble de la population à soutenir cette mobilisation et à refuser que la jeunesse continue d’être la cible privilégiée des politiques d’austérité.

La jeunesse n’est pas un coût. Elle est notre avenir.

Nous refusons qu’elle paie votre dette, votre austérité et vos choix politiques.

 

Illustration: Thierry Michel

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