« Tous les partis sont d’accord sur la nécessité de supprimer cette redevance », mais MR et cdH ont voté contre mi-juillet. Pourquoi ? Il y a vraiment de quoi se poser la question, surtout quand on entendait Mr Jeholet, alors chef de groupe MR au Parlement, déclarer à la tribune : « Cela fait dix ans qu’on vous supplie de la supprimer ».

La réponse semble assez évidente : cette suppression n’a jamais été une priorité et n’a jamais été agitée que comme un chiffon par l’opposition ou comme une promesse à tenir pour plus tard dans le chef de la majorité. Un enjeu qui n’en est pas vraiment un pour nos professionnels de la politique qui l’ont toujours gardée comme une carte dans leur manche, ce qui est d’ailleurs apparu plus clairement ces derniers jours.

En effet, on chronique sur cette mort annoncée depuis des décennies en Wallonie alors qu’elle n’existe déjà plus à Bruxelles et en Flandre. Elle figurait d’ailleurs dans la DPR du désormais ex-gouvernement mais le projet n’avait pas (encore ?) été traité. Le PS, sûr de basculer dans l’opposition avait alors ressorti ce vieux dossier en urgence, comme s’il s’agissait désormais d’un impératif pressant, « exigé par le PS » comme l’indique Mr Di Rupo. Mais le MR qui réclamait sa suppression depuis dix ans a voté contre. À l’instar du cdH qui avait pourtant signé la même DPR, préférant « renvoyer la décision au prochain gouvernement avec le MR »[i], reprochant au PS de ne pas l’avoir intégrée dans une réforme globale et de ne pas avoir prévu de refinancement structurel. Du moins, officiellement. De fait, elle figure également au programme de ce gouvernement.

Personne, cependant, n’est dupe parmi les citoyens : on assiste à une bagarre de cour de récréation à peine digne d’un bac à sable tout en prenant, une nouvelle fois, le portefeuille des ménages en otage. Le but semble clair : pouvoir annoncer aux wallons, en gonflant fièrement le poitrail, « C’est nous qui l’avons fait ! ». Sans doute pensent-ils que nous avons la mémoire courte et que nous ne leur tiendront pas rigueur de cet ultime blocage en forme de camouflet pour leur ex-partenaire de majorité. Sans doute n’ont-ils pas compris que nous nous moquons éperdument de savoir qui l’aura proposé et que la seule chose dont nous nous soucions est la suppression rapide de cette taxe inique. Sans doute faudra-t-il attendre encore un peu, même si, le 30 juin, on nous l’annonçait encore pour mi-juillet « sauf coup d’état, inondations, tremblement de terre ou cyberattaque, et surtout si la conjonction des planètes particratiques (un peu secouée depuis quelques jours) est en phase »[ii]. Sans doute ont-ils préférer négocier leurs portefeuilles que de laisser celui de leurs concitoyens en paix : charité bien ordonnée commence par soi-même.

Est-ce encore un espoir raisonnable que d’attendre qu’ils prennent conscience que, comme l’étymologie du mot le souligne, un ministre est le serviteur du peuple ? Combien de temps allons-nous les laisser se servir plutôt que de nous servir ?

[i] Source : http://www.sudinfo.be/1893326/article/2017-07-25/redevance-tv-voici-ce-que-le-nouveau-gouvernement-wallon-compte-faire-video
[ii] Source : http://www.lavenir.net/cnt/dmf20170630_01025534/adieu-tres-chere-redevance-tv

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