Depuis le 1er juin, l’antirétroviral Truvada, traitement de prévention du SIDA pour les personnes dites « à risque » et qui « ne sont pas contaminées par le VIH » est remboursé. La ministre de la Santé a débloqué un budget d’un million d’euro pour financer cette mesure. Né de la rencontre du Mouvement Vega et du Mouvement de Gauche, le Mouvement DEMAIN salue cette mesure, tout en appelant à la vigilance à l’égard de raccourcis qui, notamment dans la presse, ont fait du Truvada un médicament “pour homosexuels“. Comme le souligne l’Institut de médecine tropicale (IMT) “d’autres groupes présentant un risque accru de contracter le VIH auront également accès à ce nouvel antirétroviral de prévention“. Le groupe cible doit donc plutôt être défini comme celui des “personnes séronégatives (…) qui sont à haut risque suite à des relations sexuelles non protégées avec des partenaires séropositifs ou dont le statut est inconnu” (cf. site de l’IMT).

Par ailleurs, DEMAIN note que le Truvada relève de la prophylaxie pré-exposition, qui, comme le souligne l’IMT, “ne protège que du VIH, et pas d’autres MST“. L’utilisation du préservatif reste donc impérative. Pour les Rouges-Verts, la relance volontariste de campagnes de promotion du préservatif et d’éducation à la relation sexuelle protégée s’imposerait. Elles devraient se développer en direction de tous les lieux fréquentés notamment par les jeunes, sans se limiter aux écoles, mais en visant notamment les mouvements de jeunesse, clubs sportifs, boîtes de nuit et événements culturels (festivals de cet été…).

En l’absence d’un soutien financier accru aux associations qui mènent ces campagnes, la mesure anti-SIDA prise par la ministre pourrait présenter un effet pervers : la recrudescence d’autres maladies et d’infections sexuellement transmissibles (MST/IST). Les personnes concernées risquent en effet de ne plus recourir au préservatif, du fait d’un faux sentiment de sécurité lié à la prise de l’antirétroviral. Or, celui-ci ne combat que le VIH et non les autres MST et IST.

Pour DEMAIN, rediffuser largement des messages de prévention qui évoquent de façon non stigmatisante les différentes formes de sexualités serait indispensable. Cela préviendra à la fois les MST/IST et les diverses phobies découlant d’une vision conformiste ou moralisatrice des corps, des plaisirs et des sexualités.

Le Mouvement adresserait une autre suggestion à la ministre : le raisonnement qu’elle fait prévaloir pour les “anti-rétroviraux du lendemain” (prévention du VIH à la suite d’un rapport non protégé), l’appliquer… à la “pilule du lendemain” (prévention d’une grossesse non désirée à la suite d’un rapport non protégé) (cf. notre communiqué du 17 mai 2017).

Pour le Mouvement DEMAIN, l’action des pouvoirs publics pour faire reculer le SIDA et les IST/MST devrait se doubler d’une action tout aussi volontariste contre l’homophobie et la sérophobie (discriminations dont sont victimes les personnes séropositives).

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